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9 février 2013

M.I.A. : une partition littéraire jouée à quatre mains


Les duos d’écrivains sont assez rares pour qu’on s’y intéresse. Les noms qui me viennent immédiatement à l’esprit sont les frères Grimm, les frères Goncourt, Boileau et Narcejac, Souvestre et Allain, Franck et Vautrin. Ensuite, il faut que je cherche. Sur Internet ou dans ma mémoire. À partir de maintenant, je pourrai ajouter M.I.A. à ma short list.
Qui est M.I.A. ?
Un duo d’écrivains, donc ? Oui.
Qui vivent à des centaines de kilomètres l’un de l’autre ? Oui.
Mais qui réussissent cependant à écrire ensemble ? Oui.
Tout en se payant le luxe d’avoir figuré parmi les premiers auteurs indépendants à devenir best-sellers, début 2012 ? Oui.
Mais qui ne se la jouent pas solo et qui publient des auteurs indé grâce à leur maison d'édition ? Oui.
Et quoi d’autre ? Ça, c’est ce qui est à découvrir dans les lignes qui suivent.


DR
Commençons par lever un mystère : que signifie le sigle M.I.A. ? Puis un autre mystère : qui se cache derrière M.I.A. ? Comment se passe l’écriture à quatre mains pour deux auteurs qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres l’un de l’autre ? De quelle manière vous répartissez-vous les tâches ?
M.I.A. signifie « Missing in Action », terme utilisé principalement par l’armée américaine pour parler d’un soldat porté disparu au combat.
Nous avons choisi ce nom car il nous semblait bien correspondre à l’univers décrit dans Rémoras, notre premier roman, et nous permettait de proposer quelque chose de court et de percutant que les gens pourraient retenir facilement, même sans en connaître le sens.
Derrière M.I.A., il y a Hélène et Sébastien, deux amis/associés, qui travaillent ensemble sur de nombreux projets professionnels en plus de l’écriture.
Notre travail s’articule autour de plusieurs activités, au sein desquelles M.I.A. représente environ un quart de ce temps total en commun.
Nous profitons bien sûr de tous les outils collaboratifs à notre disposition, avec une utilisation massive du mail et de Skype, où se déroulent toutes nos séances de travail, et de Dropbox pour échanger les fichiers.
Le travail d’écriture de M.I.A. peut être résumé grossièrement selon le principe suivant : Sébastien apporte les idées maîtresses et les approches/solutions techniques, et Hélène construit la narration et écrit.
Évidemment, ce n’est pas aussi simpliste que cela, et toutes nos discussions se nourrissent de notre réflexion en commun et des idées qui jaillissent en direct, chacun permettant à l’autre de donner plus qu’il ne le ferait en travaillant seul.
Nous résumons souvent notre collaboration en disant que 1 + 1 = 3, en ce qui nous concerne. J

Quand avez-vous démarré votre activité d’auteurs indépendants ? Quelles raisons vous y ont poussés, et de quelle manière cela s’est-il passé ?
Après 3 ans de collaboration active dans des domaines divers couvrant l’écriture et le webmastering au sens large, l’expérience s’est naturellement étendue vers la fiction, sur la base d’une proposition de Sébastien qui voulait parler d’un sujet lui tenant à cœur et qui devait servir de base à une semi-fiction.
Hélène voulant depuis longtemps revenir à ses premières amours (le roman), le pas a été franchi en quelques minutes de discussion, un peu comme tous les projets que nous lançons ensemble.
C’était en décembre 2010. Un an et 115 000 mots plus tard, après des mois de bêta-lecture et de peaufinage, Rémoras sortait sur Amazon, et c’était le début d’une nouvelle aventure palpitante.

Parlez-nous de vos livres. Quelles sont vos histoires, vos personnages, votre univers ?
Nous avons une prédilection pour les thèmes sombres, les ambiances pessimistes et les fins ouvertes, qui invitent le lecteur à choisir sa propre voie d’interprétation lorsqu’il arrive au terme de sa lecture.
Les personnages de Rémoras, compte-tenu du fait que l’histoire est en partie tirée de faits réels, sont des doubles éloignés de trois personnes existant vraiment, qu’il a donc fallu incorporer dans une fiction sans pour autant trahir leurs traits fondamentaux et tout en leur rendant un peu hommage... malgré leurs activités troubles.
Ceux de La Trappe sont totalement inventés et empruntent des petits bouts de leur personnalité à des tas de personnes (réelles ou fictives) qui nous ont inspirés.
Nous aimons aussi les défis : si Rémoras est écrit de façon assez traditionnelle (récit au passé et à la troisième personne), malgré un montage chronologique déstructuré, La Trappe, la longue nouvelle qui en est la suite indirecte, est elle entièrement rédigée au présent et à la première personne, sans dialogues avant la toute dernière partie du livre.
La trilogie en cours d’écriture qui bouclera la boucle ouverte par Rémoras (avec une sortie du premier tome au printemps 2013 si nous tenons notre planning) proposera encore une autre forme narrative intéressante, puisque tout sera perçu de façon subjective par trois protagonistes principaux qui se situeront à des lieux et/ou des époques différents.
De façon générale, nous avons envie d’écrire des textes que nous aimerions lire et qui nous donnent la sensation d’accomplir une quête, d’une façon ou d’une autre.

Publiez-vous exclusivement en numérique ou également sur papier ? Comment cela se passe-t-il, le cas échant, pour les versions brochées ?
Nous publions sur les deux supports.
Nos versions papier utilisent l’impression à la demande, via les services de CreateSpace, la filiale d’Amazon.
Ce système nous permet de proposer par exemple Rémoras (plus de 500 pages en version brochée) à moins de 20 € TTC.

Quels avantages voyez-vous à agir en indé plutôt qu’en passant par l’édition traditionnelle ?
En quelques mots : liberté, réactivité, créativité.
Nous menons nos projets d’écriture comme nous l’entendons, sans être tributaires de plannings extérieurs, de censure éditoriale ou d’inertie vis-à-vis du numérique.
Hélène, qui est par ailleurs publiée sous son nom chez un éditeur traditionnel, connaît bien les lourdeurs du système et la place minime laissée à l’auteur dans la chaîne du livre. Nous ne voulions pas de cela pour nos créations.
Les éditeurs « à l’ancienne » ont, entre autres, beaucoup de mal à négocier le virage du numérique. Or c’est ce créneau qui nous intéressait principalement au tout début, et nous voulions conserver tous nos droits dans ce domaine, afin de pouvoir proposer notre roman à 3 € et non pas à 15 € !
Nous avons juste contacté un éditeur (Fayard, qui a demandé à nous rencontrer) lorsque nous étions en pleine réflexion, mais nous avons très vite compris que nous nous sentirions pris au piège, alors que nous avions tellement de projets que nous voulions contrôler nous-mêmes (la traduction du livre, la création à moyen terme de notre propre structure éditoriale, etc.)

Quelles sont les inconvénients d’être auteur indépendant ?
Il faut tout faire soi-même, avoir un champ de compétences très large qui ne cesse de croître (notamment en technique et en promotion), ne pas avoir peur des longues heures de travail, être capable de se remettre en question à tout bout de champ et d’aller solliciter soi-même de nombreuses personnes, être inventif quant aux méthodes de promotion et tenir le cap en toutes circonstances.

Quelles difficultés rencontrez-vous, d’ordre technique ou autre ?
Le manque de temps est une préoccupation constante : nous sommes un peu boulimiques, nous menons plusieurs gros projets de front et nous avons parfois du mal à tenir les délais que nous avions initialement fixés pour les livres de M.I.A., ce qui peut créer des frustrations.
Cela dit, un gros roman, une longue nouvelle, une maison d’édition avec déjà 8 livres édités et 5 en préparation, et une trilogie M.I.A. sur le feu, en plus de notre travail d’écriture « alimentaire », le tout en moins de 2 ans… ce n’est pas si mal, finalement. J

Que pensez-vous du regard que portent les professionnels du livre – éditeurs, auteurs, libraires, critiques, journalistes – sur l’autoédition ? Et les lecteurs, qu’en pensent-ils ?
En toute honnêteté, l’avis des « experts » concernant l’auto-publication nous indiffère. Ce qui compte pour nous, ce sont les lecteurs, qui généralement disent sans problème ce qu’ils pensent et ne se cachent pas derrière des considérations plus ou moins orientées et plus ou moins valables pour formuler leurs critiques.
La publication sans éditeur a toujours eu mauvaise presse en France, car elle a longtemps été réservée aux auteurs dont personne ne voulait, à tort ou à raison.
Aujourd’hui, le vent tourne rapidement, et il ne s’agit plus d’un pis-aller mais d’un véritable choix pour de nombreux auteurs qui veulent (comme nous) conserver l’entière maîtrise de leurs écrits et qui savent qu’ils sont capables, sans intermédiaire, de tirer parti des nouvelles opportunités du numérique, pour lesquelles les éditeurs sont souvent loin d’être compétents.
La plupart des lecteurs, si un livre tient bien la route, s’il a une écriture intéressante et développe un univers personnel, se fichent pas mal de savoir qu’il est édité par Untel ou Untel, surtout si le prix est plus faible et que cela leur permet de découvrir autre chose que les livres « à la mode » qu’on retrouve partout.
Évidemment, il y a de mauvais textes qui sont proposés via l’auto-publication, mais on pourrait également citer des auteurs édités qui ne révolutionnent pas non plus la littérature.
Encore une fois, ce sont les lecteurs et le temps qui restent seuls juges de ce qu’un livre a, ou pas, dans le ventre. J

À votre avis, de quelle manière le courant indépendant pourra-t-il gagner ses lettres de noblesse en littérature ? Comment voyez-vous l’évolution de l’autopublication ?
Petit à petit, comme aux États-Unis qui ont été pionniers en la matière, c’est à force de voir émerger de bons titres et de bons auteurs indépendants (en professionnalisant toujours plus l’activité des auteurs et en limitant les livres de piètre qualité) que l’auto-publication en France perdra son aspect un poil miteux et que le courant indépendant trouvera sa juste et légitime place.
Tout est question de patience et d’évolution des mœurs. Nous sommes un pays qui est souvent hostile au changement et qui ne regarde pas toujours d’un œil bienveillant les entreprises qui sortent du champ traditionnel, mais nous sommes aussi un pays qui aime lire et découvrir. Tous les espoirs sont donc permis.

En plus de votre activité d’auteur, vous développez, d’autres activités. Quelles sont-elles ?
En premier lieu, une activité éditoriale. Les Éditions Hélène Jacob ont vu le jour en septembre 2012, et nous avons déjà publié 8 titres, les livres de M.I.A. étant bien sûr maintenant distribués via notre structure.
Nous proposons aux auteurs qui veulent prendre le même chemin que nous, mais qui n’ont pas les compétences techniques ou pas l’envie de les acquérir, de bénéficier des mêmes possibilités que nous et d’offrir à leurs livres les mêmes services. Avec, pour ces auteurs, une rémunération bien supérieure à ce qui se pratique dans l’édition traditionnelle.
Nous étoffons peu à peu notre équipe de travail. Dès la création, nous avons été rejoints par notre ami et associé Gaël, ancien conseiller éditorial dans une grande maison d’édition parisienne, ainsi que par diverses personnes participant à notre comité de lecture ; un graphiste à mi-temps vient de nous rejoindre pour travailler avec Hélène sur les créations des visuels de nos livres. D’autres personnes devraient nous rejoindre avec le temps pour répondre à la charge de travail croissante.

Nous sommes parallèlement en train de monter un grand projet d’aide aux auteurs indépendants qui veulent mieux vendre sur Amazon. Mais c’est encore en cours de création à l’heure où nous écrivons ces lignes, et le secret restera gardé jusqu’au lancement, début mars prochain. J

Sinon, nous écrivons pour de nombreux client du Web qui ont besoin de ghost-writers et nous assurons des prestations de traduction et de webmastering.

Quels sont vos projets d’auteurs ?
La trilogie La Faille viendra compléter le cycle initié par Rémoras et La Trappe, avec la sortie du premier tome, La Quête d’Echo, au printemps 2013, si le planning est tenu.
Cette trilogie s’étalera jusqu’à mi-2014, afin de boucler la boucle, puis laissera la place à un univers totalement différent pour les livres suivants.
Nous devrions également continuer de proposer nos livres en anglais, avec de nouvelles traductions à venir.
Rémoras est sorti en décembre 2012 sur le marché anglophone, et nous voudrions que les suivants tiennent ce rythme. Tout dépendra de la disponibilité de notre traducteur, puisque nous préférons ne pas assurer nous-mêmes cette partie, afin de garder un peu de distance vis-à-vis de nos textes et de nous consacrer à d’autres écrits.

Quels sont vos projets d’éditeurs ?
Cinq livres sont en préparation actuellement, avec des dates de sortie échelonnées entre février et mars 2013, le rythme de croisière idéal pour l’avenir étant de 2 à 3 livres par mois, environ.
Jusqu’ici, nous sommes ravis des résultats obtenus et de la collaboration avec les auteurs. Nous sommes heureux de leur permettre de faire aboutir leurs projets et de leur donner les moyens de vivre la même aventure que nous… même si nous ne sommes qu’une petite maison d’édition bien peu traditionnelle. J

Bibliographie de M.I.A.
Rémoras, roman, éditions Hélène Jacob, 2012
La Trappe, nouvelle, éditions Hélène Jacob, 2012

Pour découvrir les éditions Hélène Jacob, ses auteurs, son catalogue, et envoyer vos manuscrits, c’est ici.

6 février 2013

Le juste prix du livre numérique (quand on est un auteur indépendant)

Être auteur indépendant signifie tout faire soi-même dans la chaîne de création de son livre, de l'écriture à la commercialisation. Cela passe par l'établissement d'une politique tarifaire. À quel prix honnête vendre son ebook, telle est la question, puisque si l'on parle d'auteurs indépendants, on parle majoritairement de livres en version numérique. Question de simplicité et de facilité.
Une fois n'est pas coutume, nous allons nous adonner – très légèrement, promis –, dans ce blog hautement littéraire, aux mathématiques. À l'algèbre  en particulier. Mais c'est pour la bonne cause.
De quelle base partir pour établir le juste prix de son ebook ? Eh bien de ce qui existe et qui fait jusqu'à présent référence : le livre papier de l'édition traditionnelle.
L'approche la plus immédiate pour l'auteur est de se dire qu'il doit percevoir autant de droits d'auteurs en vendant un ebook qu'en vendant un livre papier, partant du principe que ce n'est pas le support de lecture qui compte, mais le texte. Lui reste le même, qu'il soit lu sur papier ou sur écran de liseuse. Il ne devient pas plus mauvais ni meilleur selon qu'on le lit en format broché ou numérique.
Le prix moyen d'un livre de 200-250 pages vendu par un éditeur traditionnel est de 20 € TTC. L'auteur perçoit ses droits sur le montant hors taxe. La TVA sur le livre papier étant de 5,5 % (à partir du 1er avril 2013), le prix HT d'un livre de 20 € TTC est donc 18,96 € (20 € - 5,5 % de 20 €). Quel pourcentage un  auteur perçoit-il sur le prix HT du livre ? Dans la plupart des cas, 8 %. Non, ce n'est pas un blague, le mec qui a sué sang et eau à écrire un livre sur lequel tout le monde va se servir au passage ne perçoit que 8 % de sa création. C'est l'auteur qui perçoit le plus faible pourcentage. Sur les 18,96 € qui servent de base, l'auteur perçoit donc 1,52 €. Waow ! Le kif ! Le pied ! L'extase. Sur un livre à 20 € en vitrine chez mon libraire de quartier, je ne touche, moi l'auteur, le type à l'origine de ce business, que 1,52 €. Trop la classe.
Soit. Puisque c'est le système et que tout le monde trouve ça normal, allons-y pour 1,52 euro. Donc je dois me débrouiller pour qu'un ebook vendu me rapporte la même somme. Alors c'est très simple. On part du prix final et on ajoute les retenues diverses appliquées sur les différents sites de vente en ligne.
Amazon laisse 70 % de royalties à l'auteur. Il faut donc diviser le précédent montant par  0,7 (70 % = 70 : 100 = 0,7). Ce qui donne 2,17 €. La TVA Amazon, dont le siège social est sis au Luxembourg, est de 3 %. Il faut incrémenter de 3 % le montant précédent.  Le prix final de l'ebook est par conséquent de 2,17 x 1,03 = environ 2,24 € TTC.
Considérons à présent l'exemple de Chapitre.com, entreprise française, qui laisse 65 % à l'auteur et qui applique une TVA de 5,5 % (à partir du 1er avril 2013). Le prix final sera donc de (1,52 : 0,65) x 1,055 = 2,47 €. C'est donc ce prix le plus élevé qu'il faut prendre en compte, car les librairies en ligne font de la veille et alignent leurs prix sur ceux de la concurrence. L'idée est donc de proposer un prix unique chez tout le monde, en se calant sur le plus haut.
En résumé, le juste prix d'un ebook de 200-250 pages équivalent papier, quand on est un auteur indépendant est d'environ 2,50 € TTC.
Ça, en fait, c'est si on trouve que le modèle qui a servi de base est juste. Le modèle qui octroie royalement 8 % du prix hors taxe du livre à l'auteur. Or, quand on a choisi d'être  un auteur indé, c'est souvent parce qu'on trouve que le système en place n'est pas juste, et que 8 % ressemblent davantage à une aumône qu'à des émoluments dignes de ce nom.
Alors qu'est-ce qui serait juste ? Raisonnablement juste, veux-je dire, parce qu'il paraît irréaliste qu'un auteur perçoive 100 % du prix de son livre. Quel pourcentage un auteur pourrait-il raisonnablement espérer sur le prix HT de son livre ? Ce lien, qui renvoie à un site gouvernemental et donc à des données fiables, indique la répartition en pourcentage des intermédiaires de la chaîne du livre. Clairement, il y aurait moyen d'épargner quelques pourcentages supplémentaires au bénéfice de l'auteur et de porter sa part à 20 %. Il percevrait dans ce cas 3,79 € par livre vendu (toujours pour un livre à 20 € TTC). Ce qui correspondrait à un prix de l'ebook de 5,58 € TTC sur Amazon et de 6,15 € sur Chapitre.com.
Le juste prix pour un ebook proposé par un auteur indépendant se situe donc probablement entre 2,50 € et 6,15 €. Personnellement, quand je propose un ebook en indé, son prix est de 3,99 €. Ce qui me place assez loin du maximum autorisé. Faudrait peut-être que je songe à m'augmenter !

3 février 2013

Livre numérique : voix au Chapitre.com par le responsable éditorial de cette grande librairie


L'arrivée du livre numérique, en France, a inquiété (inquiète encore ?) bon nombre d'acteurs de la chaîne du livre. Parmi eux, une large proportion de libraires, redoutant la disparition pure et simple de leur profession telle que pratiquée jusqu'à présent.
À ce sujet, le responsable éditorial de Chapitre.com – libraire en ligne mais également détenteur de boutiques – nous éclaire sur la manière dont l'enseigne qu'il représente voit les choses. Son discours calme le jeu, témoigne d'une ouverture d'esprit qui manque à certains et apporte peut-être des solutions aux libraires de quartier, que personne ne souhaite voir disparaître.


Depuis quand Chapitre.com promeut-il les ebooks, et qu’est-ce qui l’y a amené ?
Chapitre.com vend des livres depuis 1997. C’est le plus ancien libraire en ligne français. S’il s’est d’abord spécialisé dans le livre ancien et introuvable, le site a très vite intégré le livre neuf, puis le livre d’occasion, avant de s’ouvrir à d’autres produits culturels. Nous sommes donc spécialisés depuis le début dans la lecture sous toutes ses formes. La lecture numérique était par conséquent une évidence. Nous nous y sommes d’ailleurs très vite intéressés, puisque nous étions les premiers à lancer en France une liseuse avec librairie intégrée, en octobre 2010 (l’OYO). Notre activité numérique n’a cessé de croître depuis.

Quelle est votre opinion sur ce support de lecture ? Quelles sont vos attentes, vos engouements, vos réticences, vos craintes, vos objectifs ? En quoi le numérique modifie-t-il le métier de libraire ?
Nous considérons la lecture numérique comme une formidable opportunité et comme un complément idéal au livre papier. En matière de créativité, nous sommes devant un univers de possibles, notamment avec le développement du livre numérique enrichi. Au-delà de la simple curiosité, les personnes qui adoptent la lecture numérique le font souvent pour des raisons pratiques : payer moins cher les livres et lire des gratuits du domaine public, multiplier les occasions de lecture (notamment dans les transports) grâce au poids allégé des supports numériques, pouvoir terminer un livre et enchaîner immédiatement sur le suivant… Cela dit, le livre papier continue à remplir des fonctions culturelles particulières (décoratives, charnelles…) que le livre numérique n’est pas près de supplanter. D’où leur complémentarité. Pour ce qui est des changements dans le métier, la stratégie pour notre réseau de 57 librairies vise à placer le numérique au cœur du métier de libraire. Nous avons mis en place des corners numériques dans nos magasins, qui permettent aux clients d’acheter directement (ce qu’il est possible de faire sur un site Internet) leurs livres numériques dans une boutique. D’autres projets permettant d’intégrer les libraires à cette révolution sont en réflexion. Nous sommes en effet convaincus que le conseil prodigué par un libraire reste une valeur ajoutée sans égal. 

Que pensez-vous du conflit entre livre papier et livre numérique ?
Comme évoqué plus haut, nous pensons qu’il y a avant tout complémentarité entre les deux. Si une partie des livres papier pourrait être affectée, on constate, d’après des études aux États-Unis (qui se sont lancés dans cette révolution quelques années avant nous), que la consommation totale de livres chez les lecteurs numériques a plutôt tendance à augmenter. La grosse interrogation concerne la future génération, qui sera en contact très jeune avec les tablettes et la lecture interactive. Quelles seront ses rapports au livre papier ? Nul ne peut encore le prédire. Ce qui reste certain aujourd’hui, c’est que les usages du livre dépassent la lecture (beaux livres, livres anciens, …) et ont une vocation culturelle – voire décorative (bibliothèque) qui leur confère un rôle très particulier.

De quelle manière les éditeurs « traditionnels » passent-ils au numérique ? Contraints et forcés, ravis ? Quel est leur état d’esprit ?
S’il a fallu un certain temps pour que l’édition française s’intéresse au numérique, force est de constater que le pas est aujourd’hui franchi. En témoigne la grande majorité des livres de la rentrée littéraire, qui a été publiée en format papier et en format électronique. Certains éditeurs se lancent également dans des éditions 100 % numériques (voir la dernière collection Harlequin). Même si cela modifie quelque peu leur métier traditionnel, le numérique constitue aujourd’hui le quotidien de nombreux éditeurs, au même titre que le livre papier.
 
Que pensez-vous de la politique tarifaire que mènent certains de ces éditeurs, qui proposent des ebooks à peine moins chers que les brochés grand format ?
À en croire les différentes études publiées, le prix du livre numérique reste un facteur freinant son développement en France. Il est en moyenne entre 20 et 30 % moins cher que le livre papier, ce qui ne manque pas de créer quelques incohérences de prix entre les différents formats. Cela dit, nous sommes encore aux débuts de ce nouveau marché, chaque acteur prend ses marques et avance peu à peu. La situation évoluera probablement dans les années à venir.

Depuis peu, vous offrez la possibilité à des auteurs indépendants de proposer leurs textes sur votre site. Comment doivent-ils procéder ?
Ils n’ont qu’à m’appeler. Nous privilégions le contact humain et nous adaptons à chacun en fonction de ses besoins. Nous considérons que cela fait partie de notre métier de libraire. Le système fonctionne bien puisque la plupart des auteurs indépendants rencontrent un grand succès sur notre site et sont très satisfaits du travail d’animation que nous faisons pour eux.

Quel regard portez-vous sur l’autoédition et sur les auteurs indépendants ?
L’important pour nous est la qualité. Nous ne sommes fermés à aucune proposition, mais nous souhaitons proposer à nos lecteurs ce qu’ils recherchent. Nous sommes toujours très heureux de voir des inconnus apparaître du jour au lendemain dans nos meilleures ventes. Cependant, nous pensons que l’auto-édition ne convient pas forcément à tout le monde, et que le métier d’éditeur reste un savoir-faire particulier et très précieux pour les auteurs.  

Quelle est leur politique tarifaire ?
La plupart proposent leurs livres à moins de 5 euros, ce qui représente un seuil psychologique pour le lecteur avide de découvrir de nouveaux auteurs, sans être prêt à investir 15 ou 20 euros, comme il le ferait pour un auteur reconnu.

Face aux éditeurs traditionnels, quelles sont les chances de visibilité des auteurs indépendants sur Chapitre.com ?
Presque égales. Évidemment, nous relayons les best-sellers et les opérations promotionnelles de l’édition traditionnelle qui intéressent beaucoup de nos clients. Mais il y a de la place pour tout le monde.

Estimeriez-vous judicieux de créer dans vos rayonnages une section « auteurs indépendants », comme cela existe pour les CD, par exemple ?
Tout à fait. Il existe sur Chapitre.com une rubrique « Seulement en numérique », où se trouvent les auteurs indépendants et nos auteurs coups de cœur. Ce segment fonctionne très bien et éveille la curiosité de nos clients.

En termes de ventes, comment se positionnent les auteurs indépendants, comparativement aux auteurs issus des maisons d’édition traditionnelles ?
Dans le top 100 de Chapitre.com pour l’année 2012, il y avait une dizaine de titres d’auteurs indépendants. Le prix peu élevé de ces ebooks est l’une des raisons qui expliquent ce phénomène, mais pas la plus importante, puisque tous les auteurs indépendants ne rencontrent pas un tel succès. Le secret, c’est la qualité !

2 février 2013

Un auteur indépendant se présente : Eva Liebermann


La rubrique « Un auteur indépendant se présente » est un espace d’expression et de visibilité pour tout auteur indé qui le souhaite. Ici, chacun a carte blanche pour parler de ses œuvres, de son univers, de son parcours, de ses projets, et de l’édition indé.
De ça et du reste, puisque l'indépendance, c'est la liberté.
Merci à Eva Liebermann pour sa contribution.


© Eva Liebermann
Ma vision et mon univers littéraire
Liberté, diversité, spontanéité. C’est ma devise à la vie comme à l’écriture.
Liberté d’abord. Je n’aime ni les frontières, ni les conventions, ni les contraintes. J’écris comme je pense, je crée comme je suis en toute simplicité. J’aime la différence, les contrastes, la beauté, l’horreur, ce qui est banal et ce qui est hors norme. J’exprime sans honte et sans fierté ce qui me fait vibrer en bien ou en mal dans chacun de mes romans. Pour cela, je peux raconter une histoire avec un style épuré ou au contraire très littéraire, d’un ton léger ou réfléchi, animée d’un rythme soutenu ou naturel, avec des personnages accessibles ou bien originaux.
Diversité. Mon univers romanesque est plutôt éclectique tout comme mes goûts littéraires. J’aime autant lire et écrire un roman philosophique, un roman de chick lit qu’un thriller. J’ai eu la chance d’avoir des parents passionnés de lecture. Ma mère m’a transmise le virus et sa bibliothèque de plus de 700 livres ! J’ai été biberonnée à la littérature classique mais variée : Henri Troyat, Leon Tolstoï, Charles Baudelaire, Ernest Hemingway, Agatha Christie et Joseph Kessel, pour ne citer que les principaux,. Plus tard, j’ai découvert le talent vertigineux de Vladimir Nabokov avec Lolita et La Méprise et de Romain Gary avec notamment Clair de femme. Dans le domaine du thriller, Donato Carrisi, James Ellroy et Samuel Delage sont mes auteurs chéris. La Maison des lumières de Didier Van Cauwelaert a été mon dernier coup de foudre littéraire.
Spontanéité. J’ai commencé à l’âge de 9 ans à écrire quelques poèmes et une nouvelle. Un jour, sans crier gare, quelque chose en moi s’est mis à murir et a eu envie d’éclore ! Et c’est là que tout a vraiment commencé. Ecrire, c’est une formidable aventure et, tout à la fois, une manière d’exister, d’affirmer ce que l’on est, d’évoluer, de partager, et d’aimer. Je n’ai d’autre prétention que de faire ce que j’aime et d’aimer ce que je fais.

Mes livres
J’ai écrit mon premier roman, La Lyre de la grande souveraine, avec un enthousiasme fébrile. Il aborde plusieurs sujets : la solitude, le deuil et la renaissance. L’histoire  débute par une immersion dans la détresse virulente de Joseph. Homme charismatique à qui tout souriait, un terrible évènement a bouleversé son existence à jamais. La mort n’a pas voulu de lui, elle qui avait l’air pourtant si douce, si attirante. Il hait sa nouvelle vie, croulant sous le poids d’un désespoir trop lourd et prisonnier de son incompréhension face à ses nombreux deuils. En parallèle, on découvre Anna qui est plutôt heureuse dans sa solitude. Elle y voit une alliée à sa propre liberté qui dresse un rempart entre elle et ce monde au sein duquel elle évolue sans pourtant y appartenir. Joseph et Anna se ressentent tous les deux comme des étrangers sur terre. L’un veut s’y soustraire, l’autre s’y adapte à sa manière mais jusqu’à quand.
A travers des réflexions et des interrogations sur le sens de la vie, de la mort, de  la relation aux autres, j’avais envie de montrer qu’il y a toujours une porte de sortie à sa prison, une lumière au bout du tunnel. Même si tout paraît perdu, le bonheur peut renaître après la souffrance tel un phénix qui ressuscite de ses cendres.
L’Amour en fleur, second roman dans la rédaction mais premier dans la publication, a été écrit sous le coup d’une inspiration. Sophie a naturellement pris place dans mon esprit et je ne l’ai plus quittée. C’est une jeune femme spontanée, sincère, pleine de joie de vivre. Elle semble avoir tout pour être heureuse, enfin presque. Derrière son enthousiasme pour son métier d’archéologue et son sourire éblouissant, elle cache en elle la trace de profondes blessures, héritage d’un passé marqué par des évènements difficiles. Une rencontre très particulière va tout changer et peut-être lui donner les moyens de faire face à son passé et de construire un avenir neuf et lumineux.
Je me suis fait plaisir, j’ai mis dans ce livre tout ce que j’aimais : l’évasion, l’Égypte antique, Cape Town, l’amour avec un grand A. Je voulais partager une histoire touchante et enchantée où les rêves ont des ailes pour venir se poser sur cette terre. Comme une lectrice l’a très bien compris, ce roman fonctionne un peu comme une pâtisserie. Sa « dégustation » est censée apporter un plaisir chatoyant et serein.
J’éprouve toujours une joie intense lorsque j’écris un roman. J’espère vraiment que mes lecteurs et lectrices éprouvent également cette même joie. Pour moi, la légitimité d’un écrivain se trouve là : dans le plaisir et le bonheur qu’il ressent à donner naissance à une histoire et dans ce même plaisir et ce même bonheur qu’il peut donner à ses lecteurs.

Mon parcours d’auteur indépendant
Je suis venue au monde de l’autoédition par hasard et par curiosité dans un premier temps puis par conviction dans un second temps. Lorsque, incitée par une personne bien intentionnée de mon entourage, j’ai publié L’Amour en fleur sur une célèbre plateforme de distribution d’ebooks, c’était plus un test qu’autre chose. Mais en voyant la visibilité que le distributeur me donnait sans aucun investissement de ma part et le retour des lecteurs, j’ai réalisé l’intérêt du procédé. Pendant ce temps, j’ai reçu deux réponses de maisons d’édition reconnues pour La Lyre de la grande souveraine. Malgré des éloges, la première refusait d’éditer mon livre car il était trop atypique. Le responsable de la seconde était d’accord pour publier mon livre sous certaines conditions. Cette personne m’expliqua avec des termes à peine voilés que je n’étais pas en mesure de connaître les desiderata du marché. Aussi, je ne devais pas m’attendre à voir mon livre en librairie tel quel. De plus, je n’étais qu’une jeune et nouvelle auteure inconnue et je ne devais pas compter sur un quelconque budget de communication pour promouvoir mes ouvrages et me faire connaître alors que c’était principalement pour cette raison que j’avais frappé à la porte d’un éditeur. Sans parler de l’aspect rétribution qui était plutôt rédhibitoire. Cet échange me laissa perplexe et finit de me convaincre que l’édition traditionnelle n’était pas pour moi.
Je n’ai pas d’autre prétention que de vouloir écrire, de partager et de rencontrer le lecteur. Avec l’autoédition, la relation auteur-lecteur est beaucoup plus directe et donc plus authentique. L’auteur exprime sa vision du monde, son ressenti, sa réflexion. Le lecteur vient vers ce dernier en toute liberté car il veut découvrir une autre vision du monde, un nouveau ressenti, une réflexion différente quitte à les aimer, les tolérer ou les détester.  De plus, l’autoédition permet à la littérature de devenir plus abordable en termes financiers en réduisant le nombre d’intermédiaires. L’autoédition est donc avantageuse à la fois pour l’écrivain et le lecteur : pour le premier, une meilleure rétribution de son travail et un contact interactif avec le lecteur, pour le dernier, un choix de lectures élargi et un prix d’achat beaucoup plus bas.
A mes yeux, les inconvénients de l’autoédition ne sont pas nombreux mais de taille :  la communication. Heureusement, les réseaux sociaux, les blogs et Internet en général aident à se faire connaître. Mais ils ne font pas tout. Une interview, une critique réalisée par un journaliste de la presse écrite, radio ou TV peut être d’une bonne aide pour démarrer dans le métier ou augmenter la popularité de ses écrits. Je suis convaincue qu’une utilisation judicieuse des nouvelles technologies et la création de communautés actives d’auteurs indépendants changeront la donne dans les années à venir.

Ce qu’est l’autoédition pour moi
Quand je parle d’autoédition, les gens pensent immédiatement à l’ebook et me citent alors leurs réticences face à ce nouvel outil d’accès à la littérature. J’aimerais simplement préciser qu’il est possible d’autoéditer gratuitement son livre sur plusieurs plateformes très connues aussi bien sous format électronique que papier. Le Broché ainsi proposé est en général bien meilleur marché que celui édité traditionnellement. Lorsque j’entends tous les débats menés sur l’opposition entre ebook et livre papier, j’avoue que je reste perplexe. Il n’y a pas de lutte, l’un n’est pas meilleur que l’autre, ces deux moyens sont seulement différents. Je considère que l’ebook est le moyen le plus rapide, le moins encombrant, le moins coûteux (du moins en autoédition) et le plus écologique de disposer d’un ouvrage. En quelques clics et moins de cinq minutes, vous pouvez démarrer la lecture du livre acheté sur votre tablette tactile, smartphone, ordinateur ou liseuse. Lorsque vous devez vous déplacer, il est agréable de savoir que votre livre vous suit avec votre tablette, liseuse, etc. En revanche, je suis la première à reconnaître les points forts du livre classique. Il possède son charme notamment pour offrir en cadeau ou pour remplir une bibliothèque dans votre bureau ou votre salon. Personnellement, lorsqu’un ebook me plait vraiment, j’achète parfois le livre en format papier. Certaines personnes trouvent également qu’il leur est plus facile de manier un livre physique qu’électronique. Mais ce point fort du livre n’en est pas un, car il est lié à une habitude de lecture. Or, les habitudes changent : nous sommes bien passés du disque vinyle physique au fichier mp3 dématérialisé.

Face aux détracteurs de l’autoédition, je m’amuse de leurs interrogations et de leurs accusations qui cachent une seule et réelle préoccupation : l’intérêt financier. Je pense que la déclaration de la ministre de la Culture selon laquelle « l’éditeur fait la littérature » résume assez bien le discours de ces détracteurs. Selon cette affirmation, le lecteur ne serait pas capable de distinguer par lui-même ce qui fait la littérature et ce qui ne la fait pas. Incroyable ! Non seulement il est plutôt inacceptable d’entendre de pareil propos au XXIe siècle dans un pays démocratique où la liberté d’expression s’accompagne d’une évidente liberté de choix, mais également le propos dénote une utopie proche de l’hypocrisie. Comment est-il possible que les maisons d’édition classiques, si désireuses de plaire au plus grand nombre de leurs lecteurs, n’hésitent pas à rejeter un roman ou à le remodeler pour qu’il corresponde à la norme du marché si elles sont censées « faire la littérature » ? Il ne faut pas oublier qu’une maison d’édition est avant tout une entreprise qui, en ces temps de crise, se doit de maintenir, quand elle ne peut l’augmenter, son chiffre d’affaires. Or, qui dit autoédition, dit redevances dignes de ce nom pour l’auteur et commission pour des distributeurs dont le plus important actuellement a le mauvais goût de ne pas être français. L’autoédition constituant une réelle menace, on comprend mieux pourquoi les éditeurs doivent continuer à « faire la littérature » !
Enfin, même si certains éditeurs ont à cœur de proposer une littérature triée sur le volet plutôt que d’améliorer leur rentabilité et leurs profits — ce qui est tout à leur honneur — le contenu de leur catalogue éditorial n’est qu’une proposition et ne constitue en rien le must read pour un lecteur cultivé qui désire se nourrir au grain de la littérature, quelle qu’elle soit.

Mes projets
Je pense qu’on ne peut pas aller contre le progrès. Et l’autoédition, c’est le progrès. C’est aussi mon avenir et celui de nombreux auteur(e)s. Je m’apprête à travailler sur la structure de mon prochain roman et j’ai déjà décidé qu’il serait autoédité. Pour l’instant, je peux seulement vous dire que ce sera un thriller original mêlant plusieurs genres qui sera certainement publié sous forme de trilogie.

Mes remerciements
Comme vous l’avez très justement exprimé, Laurent, « l’auteur propose, le lecteur dispose ». Je partage totalement cette vision. Ceux qui mènent la danse, ce sont les lecteurs et lectrices pour notre plus grand bonheur à nous, auteur(e)s !
Je les remercie du fond du cœur d’être là et de me lire.
Merci à vous, Laurent, pour votre soutien et votre disponibilité ! J

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Critiques Babelio pour "L'amour en fleur"
Critiques Babelio pour "La Lyre de la grande souveraine"