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8 mai 2013

Un auteur indépendant se présente : Nicolas Didier Barriac


La rubrique « Un auteur indépendant se présente » est un espace d’expression et de visibilité pour tout auteur indé qui le souhaite. Ici, chacun a carte blanche pour parler de ses œuvres, de son univers, de son parcours, de ses projets, et de l’édition indé.
De ça et du reste, puisque l’indépendance, c’est la liberté.
Merci à Nicolas Didier Barriac pour sa contribution.

DR
C’est avec anxiété que je m’approche du lieu de rendez-vous. Depuis des semaines, le monde de l’édition ne parle plus que de lui et de son premier roman, Malakas…, une autofiction délicieusement ironique et tendre. Nicolas Didier Barriac, malgré un agenda médiatique chargé comme un sportif espagnol, accepte de m’accorder quelques minutes de son temps pour me permettre d’en savoir plus sur sa récente percée dans le milieu. On le dit farouche et imprévisible. Je tente de le saluer…

Bonjour Nicolas. Merci de m’accorder cet entretien. Il semblerait qu’avant de publier Malakas… votre parcours était très ancré dans le journalisme musical.
Tout à fait. J’ai commencé à écrire « sérieusement » il y a un peu plus de dix ans, non pas par le biais de la fiction mais en créant un webzine entièrement dédié à la musique. De fil en aiguille, je me suis retrouvé à participer en tant que pigiste à des magazines papier et à de gros sites spécialisés. Je continue aujourd’hui encore avec une envie intacte.

C’est donc pour cela qu’il y a autant d’éléments musicaux dans Malakas… ?
La musique fait partie de mes passions les plus chères. Et comme dans un film, lorsqu’une chanson fait son apparition, il est possible de dépeindre beaucoup de sentiments avec un simple morceau de musique dans une narration. Cela aurait été bête de ne pas se servir de ce pouvoir évocateur. De plus, le héros du roman, Louis, a une relation très particulière à la musique, notamment au titre Ballad of Sir Frankie Crisp (Let it Roll) de George Harrison. Et son meilleur ami est le leader d’un groupe de rock allumé. Tout cela fait qu’il y a pas mal de références à la musique tout au long de Malakas…

Le ton du roman est très classique, mais il use aussi du sarcasme et de l’absurdité à tour de bras. C’est la patte NDB ?
J’aime les histoires enracinées dans le réel. Mais pour les rendre intéressantes sur la longueur d’un roman, il faut leur apporter un twist sous peine d’ennuyer les lecteurs. Ici je trouvais que l’absurdité et l’ironie des situations  pouvaient produire l’effet recherché. Le narrateur est vraiment horripilant de mollesse, et les deux principaux personnages féminins ont des comportements désespérants. Il y avait matière à décrire une histoire d’amour singulière. Une fois le cadre installé, avec ces personnages très forts, il n’y avait plus qu’à dérouler et à doser quelques rebondissements.

En tant que lecteur, vous appréciez quels genres de livres ? Vos goûts personnels transparaissent dans Malakas… ?
Tout ce qui arrive à jongler entre larmes et rires avec habileté me plaît particulièrement. J’apprécie les histoires touchantes et drôles, écrites avec sérieux. J’ai essayé de réaliser ce genre de roman avec Malakas…, où les éléments traditionnels des intrigues sentimentales sont présents mais totalement détournés et portés en dérision. J’aime à penser que ce livre a une approche décalée comme pouvait l’avoir le film Love Actually par rapport aux comédies romantiques.

Vous avez autopublié ce roman. Pourquoi ce choix ?
Je suis ouvert sur bon nombre de sujets, mais je ne transige pas sur la liberté artistique. Depuis une décennie que je côtoie des groupes, internationaux ou locaux, j’ai mesuré l’importance de cette notion. J’ai vu des dizaines de groupes forcés de pondre un album pour se défaire d’un contrat, précipiter l’enregistrement pour respecter une tournée bookée à l’avance, etc. Dans l’édition, j’imagine que c’est pareil. Or, que ce soit en musique ou en littérature, nous avons tous à disposition des moyens modernes pour mettre dans les mains du public nos œuvres. Pourquoi nous en priver ? Je hais l’idée selon laquelle des intermédiaires filtrent ce que le public doit ou pourrait aimer. Je suis convaincu de l’intelligence des gens. Ils peuvent se forger un avis par eux-mêmes, même devant un choix abondant. Si, si, essayez, vous verrez.

Vous préférez le support papier ou le support numérique pour lire ?
Tout dépend de l’usage. Dans les transports en commun ou en vacances, par exemple, je n’ai pas envie de m’encombrer d’un gros livre. Chez moi ou tranquillement installé dans un café, je n’ai pas envie de sortir une tablette. En fait, je n’ai pas envie de choisir. Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients, même si, indéniablement, une bibliothèque avec des liseuses alignées est sacrément moche.

Bien que Malakas… ne soit sorti que depuis quelques jours, vous avez déjà d’autres projets en tête. Pouvez-vous nous en toucher quelques mots ?
Dans les semaines à venir, il y aura quelques surprises à suivre autour du roman. Par ailleurs, l’écriture de Malakas… s’est terminée fin 2012. Depuis, j’ai commencé une autre histoire dans un genre complètement différent. Mais rien ne dit que ce soit la prochaine à paraître, car j’ai aussi quelques nouvelles auxquelles je suis très attaché et qui pourraient voir le jour.

Pour vous procurer le livre : Malakas…

Pour en connaître davantage sur l’auteur

9 mars 2013

Un auteur indépendant se présente : Isabelle Bouvier



La rubrique « Un auteur indépendant se présente » est un espace d’expression et de visibilité pour tout auteur indé qui le souhaite. Ici, chacun a carte blanche pour parler de ses œuvres, de son univers, de son parcours, de ses projets, et de l’édition indé.
De ça et du reste, puisque l'indépendance, c'est la liberté.
Merci à Isabelle Bouvier pour sa contribution.


DR
De l'édition traditionnelle…
Toute petite déjà, j'écrivais sous ma douche, l'encre coulait le long de mes pages et de mes mains. Sans doute lassée de mes mots délavés et de mes doigts bleus, ma mère m'a offert ma première machine à écrire et l'a installée dans ma chambrette, où sans café ni cigarettes j'ai commis mes premières nouvelles. Ce cadeau de ma première lectrice semble anodin, pourtant il fut pour moi comme un signal : « Vas-y si tu l'oses ! »
Grâce à des ateliers d'écriture et mon premier ordinateur portable est né mon recueil Punaises, publié chez un éditeur traditionnel. Je garde de cette expérience de publication un goût amer, comme le nom de mon éditeur, cette appellation aurait d'ailleurs dû m'alerter, mais j'étais tout à la joie de voir enfin mes écrits appréciés. Toutes ces années à tapoter des mots pour qu'ils soient enfin lus par de « vrais » lecteurs. Bonheur de courte durée. 
De nombreux auteurs qui aspirent à être édités entament un parcours du combattant : envois postaux coûteux, attente douloureuse d'une réponse ou seulement d'une critique constructive pour avancer. On se jette ainsi fort rapidement sur le premier éditeur qui se présente, on signe d'une main légère le contrat d'édition, abandonnant à jamais ces mots à qui pourtant on avait apporté tant de soin. Mon recueil au prix trop élevé, à la promotion inexistante, fut bien vite enterré sans fleurs ni couronnes. Paix à son âme !
J'ai vécu l'écriture différemment, ces dernières années, au travers de mes blogs, dont un à thématique politique intitulé « Mon avis t'intéresse ». Dans le même temps, j'ai repris goût à la fiction en écrivant un roman et un nouveau recueil de nouvelles. Puis s'est posée la question de la publication. L'auto-édition est alors apparue comme la bonne réponse à ma précédente expérience.


… à l'auto-édition en numérique
Je n’ai pas tenté l’édition traditionnelle pour mon roman Carnet de voyage d’un mort débutant ni pour mon nouveau recueil de vingt nouvelles Le Cimetière des éléphants, j'ai opté directement pour le numérique sur Amazon et Kobo. Économie d'envois postaux de mes manuscrits et du temps que j'utilise pour écrire mon prochain livre.
Être auteur indé m’apporte la liberté d’écrire mes histoires comme je les ressens, comme elles doivent être lues, au risque de déplaire, et l’opportunité de diffuser mes écrits sans concéder aucun de mes droits d’auteur.
L’aspect le plus difficile quand on se lance dans l’autoédition est la partie consacrée à la promotion. Elle réclame de l'énergie et une bonne dose d’obstination...
Pour la couverture et la mise au format ePub de mes livres, j'ai utilisé les services Des passeurs de savoirs, une jeune agence des Côtes d'Armor, où je réside, m'évitant tous les tracas techniques de la numérisation de mes textes. Je travaille actuellement à une version papier chez CreateSpace pour répondre à des demandes de lecteurs encore fidèles au livre-objet.
Il est important, avant de se publier en auteur indé, de faire lire son livre à un comité de lecture de proches et de moins proches (pour ma part, certains de mes textes furent testés sur un de mes blogs), afin d'avoir un premier retour sur la qualité de ses écrits. Savoir entendre les critiques, écouter les conseils constructifs, vérifier l'orthographe, la mise en page, avant de se précipiter sur la plate-forme de publication en ligne.


Mon style 
J'aime écrire des histoires ayant un pied dans la réalité et un autre dans le fantastique, en me posant la question « et si ? ». Dans mon roman Carnet de voyage d'un mort débutant, je me suis demandé et s'il y avait quelque chose au-delà d'ici à quoi ressemblerait cet endroit, qu'adviendrait-il de ses habitants, en quoi leur présence pourrait-elle affecter la mienne, ici et maintenant. Ainsi est né mon personnage Paul, un grand type aux oreilles décollées, introverti, terriblement maladroit avec les femmes et stressé perpétuel, qui deviendra l'auteur du fameux guide touristique pour les morts débutants... J'ai écrit ce court roman sur le mode de l'humour pour trancher avec le thème de la mort, ce qui m'a valu un commentaire amusant sur Amazon : « Ça donne presque envie de mourir ! » Néanmoins, je ne demande pas à mes lecteurs de se tuer à la fin de leur lecture pour tester le guide de Paul. Je préfère qu'ils restent en vie afin de lire mon dernier recueil, Le Cimetière des éléphants, où je confronte des personnages banals à des situations absurdes, tragiques, grotesques, avec un certain sadisme, je dois bien l'avouer.
Mes nouvelles sont en général courtes, avec une écriture visuelle, j'essaie d'aller à l'essentiel, je passe donc mon temps plus à retrancher un surplus de mots qu'à en ajouter. Je déteste les descriptions longues, parfois inutiles dans mes propres lectures, pourquoi imposerai-je cela à mes lecteurs. Pour finir, je suis une grande fan des nouvelles à chutes surprenantes, et la pire critique serait pour moi « je m'attendais à cette fin » ! 
Je compare souvent le livre numérique d'un auteur indé à un livre qui serait caché sous le pied d'une bibliothèque bancale, quelqu'un osera-t-il s'en saisir ? « Vas-y si tu l'oses ! »

Pour en savoir davantage sur l'auteur, parcourez son blog, les E-books de iboux.
Découvrez ses livres.

22 février 2013

Un auteur indépendant se présente : Linden Oliver

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De ça et du reste, puisque l'indépendance, c'est la liberté.
Merci à Linden Oliver pour sa contribution.


© Linden Oliver
Mon parcours et mon univers littéraire
J’écris depuis que je sais tenir une plume ; à six ans je réécrivais avec mes mots et mes fautes d’enfant les contes et les légendes que l’on me racontait. Selon une expression que beaucoup d’auteurs utilisent naturellement, j’ai été biberonnée aux romans de fantasy que lisait et me racontait ma mère, à la mythologie antique, aux légendes médiévales et à diverses histoires du monde (les contes d’Henri Gougaud par exemple). Écrire était déjà une telle évidence ! Mais je ne crois pas qu’il s’agisse d’un don inné. L’astuce, c’est de ne jamais perdre sa capacité à rêver, et d’avoir du courage. Beaucoup de courage ! J’aurais très bien pu abandonner l’écriture et me consacrer à autre chose, la natation par exemple. Mais non, il est des destins qui vous collent plus à l’âme qu’à la peau et qui, je crois, vous poursuivent de vie en vie jusqu’à ce que vous les réalisiez. C’est ce que j’ai compris quelques années plus tard, lorsque mon père est décédé. Écrire a été un moyen de survivre et d’exprimer ma douleur. J’écrivais car je ne pouvais ni pleurer ni saigner ; j’étais à ce point stupéfiée, figée par ce deuil titanesque, qu’écrire était la seule chose qui faisait encore vibrer la corde triste de mon cœur, alors que le monde autour me paraissait si vide, dépeuplé, et ne faisait qu’attiser ma frustration et ma colère. Entre mes 13 ans et mes 18 ans, je n’avais qu’un but : finir ce premier roman et ne pas me « foutre en l’air » tant que cela n’était pas terminé. Alors oui, écrire m’a sauvé la vie. En organisant une première œuvre intitulée la Seconde Guerre des dragons, je me suis construite, j’ai fait le tri en moi-même, transformant astucieusement de lourds fardeaux en héritage radieux. Il a fallu que je sois un temps renfermée sur moi-même pour pouvoir m’ouvrir aux autres. Mais n’est-ce pas le propre de l’adolescence et de tout travail intellectuel et psychique ? Ce qui était un refuge et un garde-fou contre mes pulsions de destruction est maintenant un moyen de transmettre ma force, ma lumière et mon expérience à d’autres. C’est aussi toujours un exutoire, un espace d’expérimentation de tous les possibles !
 Je me suis lancée dans les études sans trop savoir quel métier faire, mais avec l’idée ferme que le savoir acquis serait profitable, voire indispensable, pour mon travail d’écriture. Les lettres modernes, l’histoire de l’art et enfin la psychologie clinique m’ont apporté une grande rigueur d’élaboration et de rédaction, en plus d’avoir élargi ma culture et ma compréhension de l’homme et du monde. Les compétences de mon compagnon en histoire du droit me sont également très utiles. Je mets un point d’honneur à ce que l’univers de mes romans soit construit, cohérent et vivant. Même s’il s’agit de fantasy, je ne peux faire sans une dose de réalisme et de réalisme sourcé, car pour moi l’esprit doit avoir un point d’ancrage solide pour pouvoir s’évader librement. Enfin, la mort de mon père et mon expérience de mort imminente m’ont ouverte à une quête lumineuse de spiritualité, et tous mes romans sont en lien avec la mort, l’au-delà et le sens de la vie. Ces réflexions sur les rapports entre les êtres humains et sur la spiritualité permettent de donner à mon univers une profondeur et une certaine originalité. J’espère faire rêver le lecteur en décrivant à la fois la beauté et la fragilité du monde, la couleur des sentiments et l’essence des hommes.

Mes influences
Côté romans et auteurs de référence, j’ai été très influencée par Anne Rice et sa saga sur les vampires ; j’en retiens toutes les descriptions sublimes, la sensualité des personnages et la finesse des dialogues et des réflexions philosophiques. Margaret Weis et Tracy Hickman, puis Anne McCaffrey, sont à l’origine de ma passion pour les dragons. J’ai lu presque tous les Royaumes oubliés et les Lancedragon. Mercedes Lackey, tient une place privilégiée dans mon cœur avec sa trilogie des Flèches de la reine. Marion Zimmer Bradley, avec ses Dames du lac est également à citer ; ses personnages féminins et forts ont sans doute inspiré les miens. Pour l’humour, c’est Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde qui ont mes faveurs. Je n’ai pas fini de lire le Seigneur des anneaux, mais il est clair que ma vision des elfes est issue de celle de Tolkien. Enfin, Robin Hobb et son cycle de L’Assassin royal sont à la naissance de mon roman Les Pèlerins d’Yssel et ont contribué à la maturation de mon style écrit : comment ne pas être charmé et inspiré par une écriture aussi mélancolique ? Dans une catégorie plus « classique », je suis toujours subjuguée, depuis mon enfance, par le Roman de la momie, de Théophile Gautier, ainsi que par les Fleurs du mal de Baudelaire.

Mon premier roman en auteur indépendant :
« Les Pécheurs » est le premier tome d’une saga intitulée Les Pèlerins d’Yssel. Ce n’est pas mon premier écrit, ni mon premier roman, mais c’est celui qui méritait une édition pour tout le travail dépensé : un vrai travail d’écriture et non plus un simple épanchement d’âme. C’est l’œuvre d’une certaine maturité, un travail sur plusieurs années qui se construit et vit en même temps que moi. Je l’ai commencé en 2007, lorsque la lecture de L’Assassin royal de Robin Hobb et la musique Nara du groupe ES Posthumus se sont télescopées ! Étrange alchimie qui a donné naissance à cette formidable aventure ! L’élaboration et la rédaction se sont doucement faites entre mes cours de psychologie et mes nuits de surveillance en internat.
Les Pécheurs se déroule sur 25 chapitres (plus de 750 pages en format imprimé !).  Roman de fantasy s’inscrivant dans un univers médiéval, c’est une fresque épique dans laquelle des destinées héroïques combattent, s’aiment ou se déchirent dans un cadre grandiose. L’histoire nous immerge dans un monde complexe, sensuel et fabuleux, mais qui menace aussi de vaciller dans le néant. Embarqués dans une véritable course contre la fin des temps, les personnages devront puiser en eux le courage et les forces nécessaires pour sauver les êtres qui leur sont chers ou survivre à leur disparition.
Mon personnage principal est Moéva d’Arézar, célèbre mercenaire approchant la quarantaine, général à la retraite (forcée), l’antithèse de toutes ces charmantes héroïnes littéraires que l’on croise à la pelle. Je ne voulais pas d’une héroïne principale lisse et parfaite, maîtresse en arts martiaux et qui a réponse à toutes les énigmes qu’on lui propose. Je voulais écrire avec un personnage qui me dérangerait, qui saurait me bousculer. Je désirais pouvoir déposer mes peurs et mes angoisses dans ce personnage, et m’émerveiller de le voir faillir ou vaincre. Moéva me permet d’exploiter les thématiques et les questionnements du handicap, de la maternité, de la peur d’être soi-même et de l’attachement à l’autre, de la confrontation aux hommes et à leurs lois, du désir de paix et de mourir, et enfin du sens et du fardeau de la Vie et de la Foi. Têtu et insoumis, ce personnage me réserve bien des surprises et m’a déjà plongée dans de vives complications ! Il m’est déjà arrivé qu’elle choisisse de prendre une autre direction que celle imposée par mon plan. Elle me déroute et me fascine autant que les autres héros qui croisent sa route. C’est une râleuse attachante, une solitaire au grand cœur, une passionnée qui a horreur de l’injustice. Et si elle toise les étrangers de son air sombre, ce n’est que pour mieux leur dissimuler sa fragilité intérieure et les multiples fêlures de son âme.

Mon parcours d’auteur indépendant et ma vision du courant indé
Après avoir bien protégé mon œuvre et commandé une couverture auprès d’une illustratrice professionnelle (la talentueuse Clémence de Chambrun), j’ai contacté toutes les maisons d’édition spécialisées dans la fantasy et le médiéval fantastique en France (sauf une célèbre en qui je n’avais pas... confiance, par rapport notamment à mon expérience lors du Salon du Livre à Paris). J’ai attendu patiemment que les délais de réponses soient écoulés avant de me lancer en numérique.
Sur 15 maisons à qui j’ai envoyé mon manuscrit, j’ai eu 4 réponses : 2 m’ont signalé poliment que mon roman n’était pas dans la veine de ce qu’elles recherchaient actuellement (Ah, bon ? Hum... Bah, au moins elles n’ont pas dit clairement que c’était nul ^^), et les 2 autres se sont montrées enthousiastes quant au potentiel commercial de mon œuvre, et m’ont directement envoyé un contrat, mais sans garantie de publier la suite de l’histoire et ajoutant à cela une participation de ma part de 3 500 € à 3 800 € pour les frais de couverture, de maquette et de correction. J’avoue avoir envoyé mon manuscrit à ces 2 maisons-ci par erreur ; si je n’ai pas retenu leur option pour publier mon œuvre, que celle-ci ait attirée l’attention d’un comité d’édition m’a mis du baume au cœur. Mais pas à ce prix ! Je me suis déjà ruinée pour finir ce premier tome et le diffuser auprès des éditeurs, stop !
Sans autres réponses, et grâce aux conseils et aux encouragements de ma chère amie Eva Liebermann, je me suis alors tournée vers le numérique et l’édition en auteur indépendant. Car pour moi, il n’était pas question que je renonce à un rêve d’enfant. J’avais écrit les premiers tomes des Pèlerins d’Yssel pour qu’ils soient publiés, pour partager mon univers, et je n’allais certainement pas revenir là-dessus. J’ai donc décidé de profiter des opportunités que nous offraient la vie et les nouvelles technologies. Si l’on ne peut franchir un obstacle, il faut le contourner ! Petit à petit, j’ai réalisé qu’être auteur indé m’apportait un avantage indéniable : rester maîtresse de mon œuvre. Comment mieux coller à ma personnalité ? Financièrement, je m’y retrouve : je suis passée par un célèbre distributeur gratuit, ce qui me permet de rendre mon œuvre accessible à un prix moindre qu’en libraire (pour un format de pages équivalent). Juridiquement et administrativement, moi qui ne suis pas un foudre de guerre dans ces domaines-là, je suis tout à fait satisfaite, car il y a le moins de démarches possibles. De plus, je peux à tout instant mettre à jour le contenu de mon roman, afin de corriger une coquille par exemple. Être un auteur indépendant est pour moi le prolongement naturel de mon travail et de ma philosophie d’écriture : c’est la liberté d’être soi-même et le plaisir de partager sans prise de tête !
Mon œuvre étant maintenant disponible en ebook mais aussi en broché, je touche sans problème un plus grand panel de lecteurs, car nombreux sont ceux dans le domaine de la fantasy qui sont sentimentalement très attachés au papier. Actuellement, j’ai d’ailleurs plus de ventes sur ce support qu’en numérique.

Mes projets
Humblement, je n’ai pas la prétention de devenir célèbre, juste de faire partager mon univers, que celui-ci plaise ou non. Si cela arrive, merci aux lecteurs, aux amis et au destin ! Je m’étais toujours dit que j’assumerais de me dire « écrivain » lorsqu’une personne achèterait mon livre et le lirait : c’est chose faite.
Je ne peux cesser d’écrire, donc d’autres romans suivront, toujours en indé. Le tome 2 des Pèlerins d’Yssel, « Les Vengeurs », est prévu pour juin 2013. Le tome 3, en cours de rédaction, devrait sortir un an plus tard. J’ai également un projet de lexique illustré du monde d’Adir afin de permettre au lecteur de s’y retrouver dans cet univers foisonnant ; ce serait une collaboration avec l’illustrateur Ronnie Bella.
Enfin, j’ai décidé de réécrire mon premier roman (celui qui m’a aidée à continuer après la mort de mon père), probablement sous un autre nom. Je vais aussi reprendre de courtes histoires déjà rédigées ou partiellement élaborées, afin qu’elles collent mieux à mon style actuel ; elles seront rassemblées sous le terme de « Chroniques ».

Mes remerciements
Merci à Vincent, mon bien-aimé, à ma famille et aux Anges qui nous entourent.
Merci à mes amis, mes premiers lecteurs, et à tous les autres curieux qui oseront se plonger dans mes mots et mes pages.
Merci à Eva Liebermann, ma sœur d’âme, qui m’a accompagnée et poussée plus loin dans cette aventure humaine ; c’est notamment grâce à elle que cet entretien a pu se faire.
Merci à vous, Laurent, pour votre accueil et votre bienveillance.

À tous et à toutes je vous souhaite sincèrement le meilleur.

Vous pouvez suivre l’avancée de mes travaux et découvrir mes autres projets créatifs sur mon blog.


21 février 2013

Un auteur indépendant se présente : Jacques Vandroux


La rubrique « Un auteur indépendant se présente » est un espace d’expression et de visibilité pour tout auteur indé qui le souhaite. Ici, chacun a carte blanche pour parler de ses œuvres, de son univers, de son parcours, de ses projets, et de l’édition indé.
De ça et du reste, puisque l'indépendance, c'est la liberté.
Merci à Jacques Vandroux pour sa contribution.

© Jacques Vandroux
Jacques Vandroux est un nouvel arrivant dans le monde des auteurs. Il est né sur la Toile le 25 février 2012, en proposant sur Amazon une nouvelle, Multiplication. Fils de l’imagination de l’auteur et de la prise en main du monde de l’édition numérique par son épouse, il récidive au mois d’avril 2012 avec cette fois-ci un roman-fleuve, Les Pierres couchées. Huit mille livres vendus plus tard, Jacques Vandroux accepte avec grand plaisir de venir s’exprimer sur le site Écran total pour présenter sa trajectoire d’auteur indépendant.

Pourquoi écrire ?
La réponse est très simple : parce que j’aime raconter des histoires, et aussi parce que j’aime que l’on m’en raconte. Quand j’ai écrit Les Pierres couchées, j’ai été mon premier lecteur. La configuration idéale ! J’avais lu dans une revue que tout auteur devait avoir un squelette structuré de son roman avant de l’attaquer. J’ai été un très mauvais élève, n’ayant aucune idée de l’histoire qui allait naître quand j’ai écrit le premier chapitre. Pour tout avouer, je ne savais même pas s’il y en aurait un deuxième. Puis peu à peu, je me suis laissé happer par le scénario et par les personnages auxquels j’avais donné vie. Quelques lecteurs m’ont encouragé à persévérer… et trois ans plus tard, j’ai écrit le mot fin.

Trois ans pour écrire un roman
Je travaille dans le monde industriel, et écrire est un passe-temps que je ne m’accorde que sur mes heures de repos ou lors de longs déplacements professionnels. Ce qui me force à abandonner parfois des semaines entières mes parchemins, ou plutôt mon fichier Word (ça a quand même moins de charme). Cela étant écrit, j’ai cru avec la naïveté du débutant que tout serait terminé quand j’ai écrit le mot fin. Grave erreur !

Comment en suis-je arrivé à l’auto-édition ?
Au tout début, grâce à une amie, qui est aussi le genre de lectrice qui flatte l’ego de l’auteur : « Jacques, je t’assure, il faut ab-so-lu-ment que tu édites ce livre ! » Elle avait vu l’intervention de David Forrest sur l’auto-édition, lors d’une émission télévisée. Ensuite, grâce à mon épouse, qui en plus de son activité professionnelle a tenu le rôle d’agent littéraire, de correctrice, d’informaticienne, d’animatrice de blog et de responsable administrative.
Au passage, je mets au défi quiconque n’a jamais trempé dans ce milieu de comprendre comment s’acquitter des charges sociales sans risquer la crise de nerfs. Eh oui, dès le premier euro gagné, il faut penser à ce genre de détail. Nous avons découvert toutes ces facettes du métier au fur et à mesure, au cours des mois qui ont suivi la mise en ligne des romans.

D’où l’erreur ?
Exactement. Dans l’enthousiasme du moment, nous avons déposé un fichier en format pdf. La plateforme Amazon est vraiment d’accès très simple. Émotion au moment de la première vente, même si votre meilleur pote vous a appelé une heure avant pour vous dire qu’il allait acheter votre livre. Puis une seconde vente, et quelques dizaines. Des inconnus ont donc acquis votre œuvre : immense fierté ! Les deux premiers commentaires largement étoilés qui font bomber le torse, puis, patatras, le commentaire « une étoile » qui déprime l’écrivain et sa femme : orthographe désastreuse et coquilles sont mises en avant, dans un style en général peu amène… Eh oui, voilà l’erreur ! Les deux lectures de votre roman de plusieurs centaines de pages n’ont pas suffi, et le client demande, à juste titre, la même orthographe que celle proposée par un éditeur traditionnel. Il aura fallu plusieurs relectures et l’aide précieuse de volontaires à la grammaire incorruptible pour finaliser une version digne de l’attente du public.

Mes thèmes de prédilection
J’aime écrire des romans divertissants. J’aimerais parfois me lancer dans de grandes introspections, mais je m’en sens incapable. Un commentaire qui se voulait acerbe a comparé Les Pierres couchées à un roman de gare. Voilà, tout est là ! Imaginez le livre que vous auriez envie de lire quand vous êtes tranquillement assis dans le train : vous avez plusieurs heures devant vous, un grand paquet de M&Ms ou de chips à vos côtés, et vous voulez vous vider la tête. Écrire ce livre, c’est mon objectif ! De l’action, du dépaysement, des personnages auxquels on s’attache, un brin de fantastique. Ce sont les ingrédients qui ont parsemé l’écriture des Pierres couchées et de Multiplication. Avec Au cœur du solstice, mon nouveau roman qui aurait du sortir depuis trois mois déjà – mais qui arrivera dans les bacs numériques d’ici quelques jours –, j’ai écrit un polar plus sombre que les autres. Les ingrédients sont toutefois restés les mêmes.
En parallèle, une histoire pour enfants devrait voir le jour sous peu.
En fait, les idées ne manquent pas, mais le temps si ! Heureusement que nous sommes à deux pour mener à bien cette aventure.

Livre papier ou livre numérique ?
Personnellement, je suis plutôt attiré par le papier. L’ancienne école ? Sans doute, diraient mes enfants. Mais le livre numérique est vraiment pratique… et léger. Il permet aussi de proposer des œuvres à des prix très attractifs et de toucher un public qui n’aurait pas tenté, ou pas eu les moyens, de vous lire à un prix classique.
Au passage, nous avons travaillé avec Syllabaire, un éditeur numérique pour les plates-formes de distribution autres qu’Amazon. Nous avons aussi utilisé la plateforme CreateSpace pour proposer une version papier de nos livres (qui doit, entre nous, représenter moins d’un pour cent du total des ventes).

Et si un éditeur ayant pignon sur rue me contactait ?
Je serais surpris : jour après jour, au gré du succès des Pierres couchées, sur Amazon, j’ai attendu sa lettre. Mais elle n’est pas venue !
Plaisanterie mise à part, l’auto-édition donne beaucoup de liberté et de sel à l’aventure : on ne doit rien à personne. Mais si le facteur apportait un jour cette fameuse lettre, je pense que je serais flatté, et que nous ne laisserions certainement pas passer cette opportunité.


Pour plus d’information sur Jacques Vandroux, consultez sa page auteur.
Et pour plus d’informations sur le monde selon Jacques, consultez son blog.