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22 février 2013

Un auteur indépendant se présente : Linden Oliver

La rubrique « Un auteur indépendant se présente » est un espace d’expression et de visibilité pour tout auteur indé qui le souhaite. Ici, chacun a carte blanche pour parler de ses œuvres, de son univers, de son parcours, de ses projets, et de l’édition indé.
De ça et du reste, puisque l'indépendance, c'est la liberté.
Merci à Linden Oliver pour sa contribution.


© Linden Oliver
Mon parcours et mon univers littéraire
J’écris depuis que je sais tenir une plume ; à six ans je réécrivais avec mes mots et mes fautes d’enfant les contes et les légendes que l’on me racontait. Selon une expression que beaucoup d’auteurs utilisent naturellement, j’ai été biberonnée aux romans de fantasy que lisait et me racontait ma mère, à la mythologie antique, aux légendes médiévales et à diverses histoires du monde (les contes d’Henri Gougaud par exemple). Écrire était déjà une telle évidence ! Mais je ne crois pas qu’il s’agisse d’un don inné. L’astuce, c’est de ne jamais perdre sa capacité à rêver, et d’avoir du courage. Beaucoup de courage ! J’aurais très bien pu abandonner l’écriture et me consacrer à autre chose, la natation par exemple. Mais non, il est des destins qui vous collent plus à l’âme qu’à la peau et qui, je crois, vous poursuivent de vie en vie jusqu’à ce que vous les réalisiez. C’est ce que j’ai compris quelques années plus tard, lorsque mon père est décédé. Écrire a été un moyen de survivre et d’exprimer ma douleur. J’écrivais car je ne pouvais ni pleurer ni saigner ; j’étais à ce point stupéfiée, figée par ce deuil titanesque, qu’écrire était la seule chose qui faisait encore vibrer la corde triste de mon cœur, alors que le monde autour me paraissait si vide, dépeuplé, et ne faisait qu’attiser ma frustration et ma colère. Entre mes 13 ans et mes 18 ans, je n’avais qu’un but : finir ce premier roman et ne pas me « foutre en l’air » tant que cela n’était pas terminé. Alors oui, écrire m’a sauvé la vie. En organisant une première œuvre intitulée la Seconde Guerre des dragons, je me suis construite, j’ai fait le tri en moi-même, transformant astucieusement de lourds fardeaux en héritage radieux. Il a fallu que je sois un temps renfermée sur moi-même pour pouvoir m’ouvrir aux autres. Mais n’est-ce pas le propre de l’adolescence et de tout travail intellectuel et psychique ? Ce qui était un refuge et un garde-fou contre mes pulsions de destruction est maintenant un moyen de transmettre ma force, ma lumière et mon expérience à d’autres. C’est aussi toujours un exutoire, un espace d’expérimentation de tous les possibles !
 Je me suis lancée dans les études sans trop savoir quel métier faire, mais avec l’idée ferme que le savoir acquis serait profitable, voire indispensable, pour mon travail d’écriture. Les lettres modernes, l’histoire de l’art et enfin la psychologie clinique m’ont apporté une grande rigueur d’élaboration et de rédaction, en plus d’avoir élargi ma culture et ma compréhension de l’homme et du monde. Les compétences de mon compagnon en histoire du droit me sont également très utiles. Je mets un point d’honneur à ce que l’univers de mes romans soit construit, cohérent et vivant. Même s’il s’agit de fantasy, je ne peux faire sans une dose de réalisme et de réalisme sourcé, car pour moi l’esprit doit avoir un point d’ancrage solide pour pouvoir s’évader librement. Enfin, la mort de mon père et mon expérience de mort imminente m’ont ouverte à une quête lumineuse de spiritualité, et tous mes romans sont en lien avec la mort, l’au-delà et le sens de la vie. Ces réflexions sur les rapports entre les êtres humains et sur la spiritualité permettent de donner à mon univers une profondeur et une certaine originalité. J’espère faire rêver le lecteur en décrivant à la fois la beauté et la fragilité du monde, la couleur des sentiments et l’essence des hommes.

Mes influences
Côté romans et auteurs de référence, j’ai été très influencée par Anne Rice et sa saga sur les vampires ; j’en retiens toutes les descriptions sublimes, la sensualité des personnages et la finesse des dialogues et des réflexions philosophiques. Margaret Weis et Tracy Hickman, puis Anne McCaffrey, sont à l’origine de ma passion pour les dragons. J’ai lu presque tous les Royaumes oubliés et les Lancedragon. Mercedes Lackey, tient une place privilégiée dans mon cœur avec sa trilogie des Flèches de la reine. Marion Zimmer Bradley, avec ses Dames du lac est également à citer ; ses personnages féminins et forts ont sans doute inspiré les miens. Pour l’humour, c’est Terry Pratchett et ses Annales du Disque-Monde qui ont mes faveurs. Je n’ai pas fini de lire le Seigneur des anneaux, mais il est clair que ma vision des elfes est issue de celle de Tolkien. Enfin, Robin Hobb et son cycle de L’Assassin royal sont à la naissance de mon roman Les Pèlerins d’Yssel et ont contribué à la maturation de mon style écrit : comment ne pas être charmé et inspiré par une écriture aussi mélancolique ? Dans une catégorie plus « classique », je suis toujours subjuguée, depuis mon enfance, par le Roman de la momie, de Théophile Gautier, ainsi que par les Fleurs du mal de Baudelaire.

Mon premier roman en auteur indépendant :
« Les Pécheurs » est le premier tome d’une saga intitulée Les Pèlerins d’Yssel. Ce n’est pas mon premier écrit, ni mon premier roman, mais c’est celui qui méritait une édition pour tout le travail dépensé : un vrai travail d’écriture et non plus un simple épanchement d’âme. C’est l’œuvre d’une certaine maturité, un travail sur plusieurs années qui se construit et vit en même temps que moi. Je l’ai commencé en 2007, lorsque la lecture de L’Assassin royal de Robin Hobb et la musique Nara du groupe ES Posthumus se sont télescopées ! Étrange alchimie qui a donné naissance à cette formidable aventure ! L’élaboration et la rédaction se sont doucement faites entre mes cours de psychologie et mes nuits de surveillance en internat.
Les Pécheurs se déroule sur 25 chapitres (plus de 750 pages en format imprimé !).  Roman de fantasy s’inscrivant dans un univers médiéval, c’est une fresque épique dans laquelle des destinées héroïques combattent, s’aiment ou se déchirent dans un cadre grandiose. L’histoire nous immerge dans un monde complexe, sensuel et fabuleux, mais qui menace aussi de vaciller dans le néant. Embarqués dans une véritable course contre la fin des temps, les personnages devront puiser en eux le courage et les forces nécessaires pour sauver les êtres qui leur sont chers ou survivre à leur disparition.
Mon personnage principal est Moéva d’Arézar, célèbre mercenaire approchant la quarantaine, général à la retraite (forcée), l’antithèse de toutes ces charmantes héroïnes littéraires que l’on croise à la pelle. Je ne voulais pas d’une héroïne principale lisse et parfaite, maîtresse en arts martiaux et qui a réponse à toutes les énigmes qu’on lui propose. Je voulais écrire avec un personnage qui me dérangerait, qui saurait me bousculer. Je désirais pouvoir déposer mes peurs et mes angoisses dans ce personnage, et m’émerveiller de le voir faillir ou vaincre. Moéva me permet d’exploiter les thématiques et les questionnements du handicap, de la maternité, de la peur d’être soi-même et de l’attachement à l’autre, de la confrontation aux hommes et à leurs lois, du désir de paix et de mourir, et enfin du sens et du fardeau de la Vie et de la Foi. Têtu et insoumis, ce personnage me réserve bien des surprises et m’a déjà plongée dans de vives complications ! Il m’est déjà arrivé qu’elle choisisse de prendre une autre direction que celle imposée par mon plan. Elle me déroute et me fascine autant que les autres héros qui croisent sa route. C’est une râleuse attachante, une solitaire au grand cœur, une passionnée qui a horreur de l’injustice. Et si elle toise les étrangers de son air sombre, ce n’est que pour mieux leur dissimuler sa fragilité intérieure et les multiples fêlures de son âme.

Mon parcours d’auteur indépendant et ma vision du courant indé
Après avoir bien protégé mon œuvre et commandé une couverture auprès d’une illustratrice professionnelle (la talentueuse Clémence de Chambrun), j’ai contacté toutes les maisons d’édition spécialisées dans la fantasy et le médiéval fantastique en France (sauf une célèbre en qui je n’avais pas... confiance, par rapport notamment à mon expérience lors du Salon du Livre à Paris). J’ai attendu patiemment que les délais de réponses soient écoulés avant de me lancer en numérique.
Sur 15 maisons à qui j’ai envoyé mon manuscrit, j’ai eu 4 réponses : 2 m’ont signalé poliment que mon roman n’était pas dans la veine de ce qu’elles recherchaient actuellement (Ah, bon ? Hum... Bah, au moins elles n’ont pas dit clairement que c’était nul ^^), et les 2 autres se sont montrées enthousiastes quant au potentiel commercial de mon œuvre, et m’ont directement envoyé un contrat, mais sans garantie de publier la suite de l’histoire et ajoutant à cela une participation de ma part de 3 500 € à 3 800 € pour les frais de couverture, de maquette et de correction. J’avoue avoir envoyé mon manuscrit à ces 2 maisons-ci par erreur ; si je n’ai pas retenu leur option pour publier mon œuvre, que celle-ci ait attirée l’attention d’un comité d’édition m’a mis du baume au cœur. Mais pas à ce prix ! Je me suis déjà ruinée pour finir ce premier tome et le diffuser auprès des éditeurs, stop !
Sans autres réponses, et grâce aux conseils et aux encouragements de ma chère amie Eva Liebermann, je me suis alors tournée vers le numérique et l’édition en auteur indépendant. Car pour moi, il n’était pas question que je renonce à un rêve d’enfant. J’avais écrit les premiers tomes des Pèlerins d’Yssel pour qu’ils soient publiés, pour partager mon univers, et je n’allais certainement pas revenir là-dessus. J’ai donc décidé de profiter des opportunités que nous offraient la vie et les nouvelles technologies. Si l’on ne peut franchir un obstacle, il faut le contourner ! Petit à petit, j’ai réalisé qu’être auteur indé m’apportait un avantage indéniable : rester maîtresse de mon œuvre. Comment mieux coller à ma personnalité ? Financièrement, je m’y retrouve : je suis passée par un célèbre distributeur gratuit, ce qui me permet de rendre mon œuvre accessible à un prix moindre qu’en libraire (pour un format de pages équivalent). Juridiquement et administrativement, moi qui ne suis pas un foudre de guerre dans ces domaines-là, je suis tout à fait satisfaite, car il y a le moins de démarches possibles. De plus, je peux à tout instant mettre à jour le contenu de mon roman, afin de corriger une coquille par exemple. Être un auteur indépendant est pour moi le prolongement naturel de mon travail et de ma philosophie d’écriture : c’est la liberté d’être soi-même et le plaisir de partager sans prise de tête !
Mon œuvre étant maintenant disponible en ebook mais aussi en broché, je touche sans problème un plus grand panel de lecteurs, car nombreux sont ceux dans le domaine de la fantasy qui sont sentimentalement très attachés au papier. Actuellement, j’ai d’ailleurs plus de ventes sur ce support qu’en numérique.

Mes projets
Humblement, je n’ai pas la prétention de devenir célèbre, juste de faire partager mon univers, que celui-ci plaise ou non. Si cela arrive, merci aux lecteurs, aux amis et au destin ! Je m’étais toujours dit que j’assumerais de me dire « écrivain » lorsqu’une personne achèterait mon livre et le lirait : c’est chose faite.
Je ne peux cesser d’écrire, donc d’autres romans suivront, toujours en indé. Le tome 2 des Pèlerins d’Yssel, « Les Vengeurs », est prévu pour juin 2013. Le tome 3, en cours de rédaction, devrait sortir un an plus tard. J’ai également un projet de lexique illustré du monde d’Adir afin de permettre au lecteur de s’y retrouver dans cet univers foisonnant ; ce serait une collaboration avec l’illustrateur Ronnie Bella.
Enfin, j’ai décidé de réécrire mon premier roman (celui qui m’a aidée à continuer après la mort de mon père), probablement sous un autre nom. Je vais aussi reprendre de courtes histoires déjà rédigées ou partiellement élaborées, afin qu’elles collent mieux à mon style actuel ; elles seront rassemblées sous le terme de « Chroniques ».

Mes remerciements
Merci à Vincent, mon bien-aimé, à ma famille et aux Anges qui nous entourent.
Merci à mes amis, mes premiers lecteurs, et à tous les autres curieux qui oseront se plonger dans mes mots et mes pages.
Merci à Eva Liebermann, ma sœur d’âme, qui m’a accompagnée et poussée plus loin dans cette aventure humaine ; c’est notamment grâce à elle que cet entretien a pu se faire.
Merci à vous, Laurent, pour votre accueil et votre bienveillance.

À tous et à toutes je vous souhaite sincèrement le meilleur.

Vous pouvez suivre l’avancée de mes travaux et découvrir mes autres projets créatifs sur mon blog.


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